24-03-2019
                          
 
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    Monde
 
REJET DE L'ACCORD DE BREXIT
Theresa May ‎plie mais ne rompt toujours pas

Mardi 12 mars, devant la Chambre des communes, Theresa May, la voix fatiguée, a regretté la décision des parlementaires britanniques. Par ‎‎391 voix contre 242, ils ont rejeté l'accord de sortie de l’Union européenne conclu par la Première ministre lundi à Strasbourg. Second refus en deux mois. A 16 jours de la date officielle du Brexit, le Royaume-Uni est plongé dans une immense incertitude.Dès aujourd’hui mercredi, au lendemain du rejet de l'accord arraché par Theresa May auprès du président de la Commission européenne, les parlementaires britanniques doivent dire s’ils souhaitent une sortie de l'UE sans accord. Et si le « non » l’emporte, ils devront alors voter jeudi pour un report du Brexit.L’Union européenne a bien évidemment suivi le vote de mardi avec attention. Le Parlement est actuellement réuni à Strasbourg. « Ce n’est pas parce que nous nous nous attendions à ce résultat que nous n’en sommes pas profondément préoccupés », confiait mardi soir l’eurodéputée française Nathalie Griesbeck.Un sentiment largement partagé au sein de l'UE, constate notre envoyé spécial à Strasbourg, Quentin Dickinson. Pour le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas par exemple, nous sommes tout bonnement en train de glisser sur la pente fatale qui mène au « Brexit dur », c’est-à-dire sans accord préalable.Ce mercredi, Theresa May devrait proposer la nouvelle motion aux Communes, à qui il sera demandé de se prononcer sur ce Brexit sans accord. Selon toute probabilité, cette hypothèse sera elle aussi rejetée, mais sans que l’on aperçoive par quels moyens les parlementaires pourraient l’empêcher de se produire.« Il doit y avoir un nouveau vote pour savoir si les députés soutiennent un "no deal", une sortie de l’Union européenne sans accord. Ce qui supposerait de retomber sur les règles de l’OMC. Il est très peu probable qu’une majorité des députés aille dans cette direction », estime la politologue Sophie Heine.Pour la chercheure associée à l'université d'Oxford, « ce qu'il est important de souligner, c'est que les députés auront un véritable choix. Ils pourront décider en âme et conscience, il n’y aura pas de consigne de vote de la part de Theresa May ». Une liberté que Sophie Heine attache à la tradition britannique.

Accélérer la mise en place de mesures d’urgence

« Après sa tentative de mettre beaucoup de pression les membres de son propre parti, en créant une atmosphère de tension, je pense que c’est quelque part une façon d'accepter le jeu de la démocratie parlementaire », ajoute Mme Heine. Un parlementaire doit en effet suivre son électorat, mais aussi sa conscience.De son côté, le négociateur en chef de la partie européenne, le Français Michel Barnier, ne se fait aucune illusion : pour lui, il faut maintenant accélérer la mise en place de mesures d’urgence destinées à atténuer le chaos que ne manquera pas de déclencher une absence d’accord dans 17 jours exactement.D’autant que sans accord, rappelle M. Barnier, pas de période de transition. Lors d’un dernier vote, la Chambre sera alors amenée à demander à Mme May de retourner chez Donald Tusk et Jean-Claude Juncker pour solliciter une prolongation de la période de deux années, qui prend fin le 29 mars prochain.Les Vingt-Sept, dont l’unanimité est requise pour ce faire, ne sont pas opposés par principe à ce recours. Mais ils y mettront trois conditions : que Londres dise pour quel objectif, pour quelle durée et avec quelle chance de succès. On reste aujourd’hui très loin des réponses concrètes qu'exigent ces questions.De nombreux députés ont déjà indiqué qu’ils ne permettraient pas un « no deal », une sortie sans accord du bloc européen, relate notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix. On s’attend donc à ce que le Parlement rejette un divorce avec une coupure des liens nette, la solution préférée des ultra-brexiters.




 


 

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