22-09-2019
                          
 
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AFGHANISTAN
Peut-on faire la paix avec les talibans ?

Didier Chaudet, auteur de cet article, est attaché scientifique à l'Institut français d'études sur l'Asie centrale. La version originale de cet article a été publiée sur le site de The Conversation dont franceinfo est partenaire. Nouveau coup de théâtre ce week-end de la part du président américain. Contre toute attente, ce dernier a annulé une rencontre secrète avec les talibans, prévue ce dimanche aux États-Unis, à Camp David (Maryland) en présence de représentants politiques afghans. L'objectif était de concrétiser le processus de paix en Afghanistan, engagé dans un conflit depuis dix-huit ans. Le tweet de Donald Trump, envoyé samedi soir, dénonce une énième attaque meurtrière à Kaboul à la veille de ces pourparlers, remettant en cause la sincérité des talibans à vouloir aboutir le processus de paix. Quiconque a en tête l’image la plus répandue des talibans, bien peu flatteuse, peut être en effet amené à se demander si on peut vraiment faire la paix avec eux, si leur idéologie radicale et fondamentaliste ne les amènera pas à jouer un "double jeu". Mais pour répondre à cette question, il faut d’abord savoir de qui on parle, quand on évoque les talibans aujourd’hui. Nous savons, aujourd’hui, qu’une partie de nos certitudes à propos des talibans sont en fait erronées ou plus vraiment d’actualité. Ainsi, quand on pense aux talibans des années 1990, on imagine d’abord des déracinés, issus des écoles religieuses situées à la frontière afghano-pakistanaise, et surtout des camps de réfugiés afghans au Pakistan. Cela n’a pas vraiment de sens, surtout pour leur leadership, et notamment ceux qui ont exercé des responsabilités militaires dès les années 1990 : il s’agit, le plus souvent, d’hommes qui ont déjà combattu les Soviétiques, donc plus âgés que ceux qui sont nés et ont grandi dans ces camps de réfugiés. En fait, comme le montrent Anand Gopal et Alex Strick van Linschoten dans leur analyse fouillée de l’idéologie des talibans, leur leadership, et l’idéologie qu’ils ont promue, sont d’abord issus de l’environnement rural, villageois, pachtoune en territoire afghan. Il ne s’agit donc pas d’une idéologie étrangère à l’Afghanistan, mais bien au contraire d’une pensée ancrée dans une population bien définie. Et si leur idéologie fut d’abord fondamentaliste dans les années 1990, elle a évolué dans une certaine mesure : les leaders des talibans ont compris que leur politique passée leur avait aliéné jusqu’à la population pachtoune censée les soutenir, expliquant leur incapacité à résister aux Américains. Peu à peu, l’idéologie des talibans, après 2001, a convergé vers une approche islamiste plus traditionnelle, mettant de côté les éléments les plus rédhibitoires de son fondamentalisme passé.

L’exemple de l’éducation

Ainsi, loin de rejeter la technologie, ils l’utilisent pleinement pour leur propagande. Et plutôt que de s’opposer systématiquement à l’éducation d’État, notamment des filles, ils préfèrent la contrôler. En effet, au lieu d’attaquer les écoles financées par Kaboul, ils les cooptent, assurant leur protection, surtout en milieu rural, où les forces de sécurité pro-gouvernementales ne sont pas assez fortes pour s’opposer à eux. Mieux, ils sont responsables de la sélection des enseignants, et ils s’assurent que ces derniers ne se contentent pas de recevoir leurs salaires sans venir assurer les cours… Le but des talibans est de montrer à la population qu’ils sont plus qu’une rébellion, qu’ils sont prêts à gouverner et à le faire efficacement. Certes, comme on peut le voir sur la question de l’éducation des filles, on voit bien que la vision du monde des talibans n’a pas totalement changé sur tous les sujets. Ils imposent la séparation des sexes à la puberté, avec bien sûr un besoin d’enseignantes femmes. Or il y a moins d’écoles de garçons que d’écoles pour filles, et seuls 20 % du corps enseignant est composé de femmes : les talibans peuvent donc s’appuyer sur les insuffisances du gouvernement afghan et de ses soutiens occidentaux (qui ont abusivement présenté l’éducation des filles comme un succès) pour se dédouaner des limites imposées à l’éducation des filles.




 


 

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