CAUCASE 2020: Grandes manœuvres militaires dans le sud de la Russie

Les manœuvres militaires qui débutent ce lundi 21 septembre sont organisées dans le Caucase russe, en Mer Noire et en Mer Baltique. Baptisées « Caucase 2020 », elles vont se dérouler durant cinq jours et mobiliser près de 13 000 soldats et des centaines de blindés. Tous les ans à la même période l’armée russe déploie des milliers de soldats, et surtout beaucoup d’équipement – de quoi impressionner l’opinion russe puisque les images de ces exercices tournent en boucle sur les chaînes de télévision, mais aussi les pays voisins et la communauté internationale. Après « Zapad 2017 » dans l’ouest, « Vostok  2018 » dans l’est et « Tsentr 2019 » dans le centre du pays, c’est dans le Caucase russe, situé au sud de la Russie, que les exercices ont lieu. Mais cette fois, à la différence de Zapad en 2017, l’Otan ne s’est pas montrée particulièrement inquiète de ces manœuvres – et le seul pays à s’en être véritablement ému est l’Ukraine, qui s’est dit dans l’été préoccupée du déploiement de navires sur la mer Noire.

Tensions géopolitiques

Depuis quelques années, la Russie profite également de ces exercices annuels pour se rapprocher de certains pays – de l’ex-URSS bien sûr, mais aussi pays asiatiques, comme on l’a vu il y a deux ans avec les exercices conjoints menés avec la Chine. Cette année, Moscou avait invité neuf pays à participer, dont l’Iran, la Chine et le Pakistan, mais elle s’est heurtée aux tensions géopolitiques et militaires du moment. Au dernier instant, l’Inde a ainsi annulé sa participation – officiellement en raison du coronavirus, mais sans doute à cause de la participation de la Chine. L’autre pays à avoir renoncé au dernier moment, est l’Azerbaïdjan – qui ne voulait pas côtoyer l’Arménie – après les incidents militaires de cet été.  Par ailleurs, et concernant un autre volet de la politique russe, Poutine voudrait rattacher Minsk à la Russie, mais pas dans l’immédiat, étant donnée la crise politique mais aussi économique qui y règnent. Mais il est pour lui hors de question d’y laisser gagner une « révolution de couleur », comme ce fut le cas en Ukraine. Pour l’heure, Poutine veut y contrôler au mieux la situation, et apporte son soutien à Alexandre Loukachenko, afin qu’il calme et stabilise la situation, au moyen de la réforme constitutionnelle qu’il a récemment annoncée. Dans le futur, c’est à dire vers 2022, le Belarus, co-fondateur avec la Russie de la Communauté des états indépendants (CEI) en 1991, prendra peut-être la forme d’un protectorat russe.

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