CORONAVIRUS: Des premiers cas de réinfection dans le monde, l’immunité au centre des débats

Trois cas confirmés de recontamination au Covid-19 ont été identifiés ces derniers jours à Hong-Kong, en Belgique et aux Pays-Bas. Des découvertes qui pourraient remettre en questions les premières thèses sur le développement d’une immunité contre le virus. Et s’il était possible de contracter une deuxième fois le coronavirus ? Cette hypothèse prend de plus en plus d’épaisseur ces derniers jours. Le 26 mars dernier, un Hongkongais de 33 ans a été testé positif au coronavirus après en avoir présenté les symptômes caractéristiques (toux, maux de tête et de gorge, fièvre). Quelques mois plus tard, le 15 août, il apprend à son retour de vacances qu’il a de nouveau contracté le virus. Particularité, il est cette fois asymptomatique. Après diverses analyses, les chercheurs découvrent que les deux infections ont été causées par deux souches distinctes – une européenne et une asiatique – du virus SARS-CoV-2. Le New York Times est catégorique : « Les souches qu’il a contracté en avril et en août étaient clairement différentes ». Vincent Enouf de l’Institut Pasteur déclare de son côté que « ce sont des choses que des hôpitaux ont déjà remarqué » Depuis, deux autres cas confirmés de recontamination se sont déclarés en Belgique et aux Pays-Bas mais des examens sont toujours en cours.

Des « injections de rappel » nécessaires pour le futur vaccin ?

Ces découvertes qui démontrent que « certaines personnes ne sont pas immunisées à vie » pourraient se révéler lourdes de conséquences. Ainsi, une possibilité de réinfection à grande échelle par le coronavirus pourrait mettre à mal les politiques d’immunité collective que certains pays défendent. Surtout, de nombreuses certitudes sur les apports d’un futur vaccin pourraient être remises en question. « Si l’immunité diminue à cause d’une infection naturelle, cela pourrait être un défi pour les vaccins et cela peut signifier que des injonctions de rappel sont nécessaires » explique le Dr Jesse Goodman. Cela pourrait aussi signifier une évolution annuelle des vaccins, à l’image de celui de la grippe. Au contraire, des voix s’élèvent pour contrebalancer ces aspects négatifs. Déjà, « il est difficile de tirer des conclusions définitives de cas isolés. Vu le nombre d’infections dans le monde, voir un cas de réinfection n’est pas si surprenant », a commenté le Dr Jeffrey Barrett, du Wellcome Sanger Institute. Les maladies virales ont ça en commun qu’elles ne garantissent que de faibles immunités comme la grippe. Néanmoins, la Pr Akiko Iwasaki, spécialiste de l’immunité à l’université de Yale (Etats-Unis), souligne qu’il ne s’agit pas d’un « motif pour s’alarmer : cela illustre à merveille la façon dont l’immunité devrait fonctionner. Stéphane De Wit, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Saint Pierre, à Bruxelles précise que « l’immunité n’empêche pas de rencontrer de nouveau le virus et de nouveau de l’attraper. L’immunité permet de réagir tout de suite, que le corps réagisse tout de suite, que l’individu se défende et que donc, il ne développe pas de symptômes ou qu’il développe une forme beaucoup moins sévère, beaucoup plus bénigne de la maladie. » Une thèse qui colle avec l’évolution du patient hongkongais.

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