Finance islamique: accompagner et appuyer les banques par les lois nécessaires

Les participants à une conférence nationale sur la finance islamique, organisée mercredi par le Haut conseil islamique (HCI), ont mis en avant l’impératif d’accompagner les banques offrant ces prestations à travers la promulgation de textes de loi adéquats.

Les intervenants à cette conférence à laquelle ont participé des représentants d’entreprises économiques nationales et de différents secteurs ministériels, ont fait état de la poursuite des concertations avec la banque d’Algérie (BA) afin de réunir toutes les conditions à même de permettre la réussite de cette activité et apporter, ainsi, le bénéfice escompté à l’économie nationale.

A ce propos, le président du HCI, Bouabdellah Ghlamallah, a appelé à recourir aux spécialistes en la matière pour obtenir les fatwas relatives à la finance islamique.

De son côté, le président du Conseil national économique et social (CNES), Réda Tir, a estimé que le Règlement 20-02 de la BA sur la finance islamique en Algérie « n’était pas suffisant pour réunir les conditions de réussite connues dans la littérature économique et financière », citant à ce propos la considération de la banque en tant que partenaire dans les projets ainsi que le développement de nouvelles compétences formées en finance approfondie et Big-data (méga données) pour pouvoir analyser et maitriser les risques, notamment commerciaux.

Il a souligné, en outre, l’impératif traitement de la problématique de commercialisation des produits et le rapprochement des clients en ciblant des catégories bien précises, particulièrement les ménages et les marchés.

Le CNES, a précisé M. Tir, œuvrera à l’évaluation de cette politique financière, lancée mars dernier, après au moins une année de sa mise en œuvre.

Pour leur part, les directeurs des banques ont plaidé pour l’accompagnement et le soutien des opérateurs dans le domaine de la finance islamique.

A ce propos, le Pdg du Crédit populaire d’Algérie (CPA), Mohamed Dahmani, a indiqué que la banque compte mettre en place près de 30 agences bancaires spécialisées en la finance islamique et des guichets mixtes au service des clients désirant bénéficier à l’avenir de ces prestations.

Soulignant que la banque doit avoir accès à des informations réelles sur le client pour ne pas supporter les risques à sa place, le même responsable a appelé à davantage de recherches scientifiques en vue d’atteindre une véritable complémentarité entre les deux systèmes bancaires islamique et classique.

Un texte de loi, qui précise les détails de l’assurance tontine et la formation des cadres, est en cours d’élaboration.

Intervenant lors de cette rencontre, le représentant du ministère du Commerce, Sami Gueli, a souligné l’importance d’adopter le système financier islamique dans la mise en oeuvre des résultats des ateliers organisés par le secteur sur la moralisation des activités commerciales, à travers l’encouragement des commerçants et des opérateurs économiques à intégrer le marché officiel à travers des banques adoptant la finance islamique en leur facilitant les transactions financières.

Cette démarche, a-t-il estimé, permettra de drainer les liquidités en circulation dans le marché parallèle, qui demeurent intraçables.

L’enseignant universitaire spécialiste en finance islamique Abdellaoui Moussa a, de son côté, mis l’accent sur l’impératif de réviser les lois de la BA et la loi sur la monnaie et le crédit « pour être en phase avec la finance islamique », ajoutant que la banque traditionnelle, à l’inverse de la banque islamique, bénéficie d’une contribution de l’Etat à hauteur de 3% dans la couverture de la marge bénéficiaire.

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