RENCONTRE WALI DE MOSTAGANEM-PRESSE LOCALE: Un franc-parler sans tabou et des suggestions appréciées

Comme promis lors de son installation en qualité de Wali de Mostaganem nommé en remplacement de Mr Abdessamie Saadoun , Mr Aissa Boulahia a rencontré ce mercredi en son cabinet les représentants des medias (presse écrite et audio-visuelle) dans un style innovant à savoir par groupe au nombre de trois dans le cadre d’un premier contact direct pour être à l’écoute de la corporation et de ses préoccupations de tout ordre. Après les rituels présentations d’usage et dans sa prise de parole devant notre groupe, il ne manquera pas de faire état de constatations qui l’ont révoltées lors de ses tournées et visites inopinées en plusieurs endroits de la wilaya pour s’imprégner des réalités locales et plus particulièrement des zones d’ombre pour lesquelles une attention soutenue et un suivi des pouvoirs publics sont requis. Il s’agit notamment des pénuries d’eau potable dont souffrent les populations locales en raison de la sécheresse voire l’inactivité du barrage ‘’Kramis’’ (Achaacha), de l’épineux dossier de détournement du foncier entrant dans le cadre du développement régional pour lequel des textes sont en cours d’élaboration, de l’aspect hideux des gravas résultant de l’inachèvement des démolitions de constructions menaçant ruine ou bidonvilles squattés après attribution des logements sociaux. Il clôturera son intervention évoquant le laxisme affiché par le personnel de certaines administrations locales favorisé par la conjoncture et les querelles byzantines dans certaines assemblées populaires communales au détriment de leurs administrés, les élus se sachant en fin de mandats anticipés. Le groupe a clairement affiché sa disponibilité à faire part au chef de l’exécutif des préoccupations citoyennes abstraction faite des grands projets accusant de grands retards pour lesquels une prise en charge est déjà effective.  Aussi l’état des écoles et centres de santé de la région de Mostaganem-Est mérite une réfection des plus urgente, il en est de même en ce qui concerne le parc roulant  de l’EPH de Achaacha  (4 ambulances immobilisées). Notre interlocuteur a agréablement apprécié les interventions au sujet de la restauration de l’Etat en tous points de vue et plus particulièrement dans le secteur de l’emploi pour lequel la wilaya souffre d’un taux de chômage important suite au démantèlement du complexe papetier avec ses annexes notamment l’usine de production de chlore (Soachlore) et celui de la Sonitex. Si les Mostaganemois espéraient profiter du programme de développement du tourisme, ils ont très vite  déchanté: En effet comment comprendre qu’après plus de trois années d’activité pour les complexes hôteliers des plus récents , les effectifs prévisionnels inscrits dans les dossiers d’études ne sont pas atteints en vitesse de croisière à peine (33%), que la législation du travail soit bafouée (pas de convention collective, pas de règlement intérieur, pas de procédure de recrutement, pas de comité de participation…des licenciement abusifs, les CDD devenus courants et le CDI l’exception, le travail au noir, le recours aux travailleurs étrangers sans autorisation et…cerise sur le gâteau une inspection du travail dépassée sinon complaisante puisque hiérarchiquement relevant d’Oran ? La crise sanitaire du covid-19 a permis à certains employeurs irascibles – n’ayant pas négocié le chômage technique légal – d’imposer à leur personnel de demander un congé sans solde pour éviter à l’Etat le recours aux subventions et se targuer d’aider cet Etat pour dorer leur image ternie par la révélation de dossiers sulfureux. Si l’Etat ne s’immisce pas dans la gestion courante des entreprises, il dispose tout de même d’un arsenal juridique qui lui permette de faire respecter la loi et ici le secteur de l’emploi se s’en trouverait que florissant au grand bénéfice des citoyens. Si le secteur de la culture évoqué dans cette rencontre  était dans un état léthargique avant la pandémie aujourd’hui il se trouve inexistant sauf peut-être pour la bibliothèque et les musées qui demeurent ouverts. Le constat est partagé et un bilan a été demandé aux responsables. Il est incompréhensible qu’un théâtre qui a coûté 75 milliards et qui dispose de locaux commerciaux susceptibles d’être loués pour renflouer ses caisses de recettes substantielles et également d’un enregistrement de plus de 150 représentations théâtrales à la faveur de l’événement Mostaganem année du théâtre 2017/2018 alors qu’aucune action n’ait été entreprise pour leur diffusion durant la période de confinement à l’instar d’autres wilayate plus entreprenantes (Annaba, Bédjaia, Oran, Tizi Ouzou, Setif). En préambule d’une seconde intervention des précisions  ou été données  au Wali quant à la récurrente question de l’ensablement du port de pêche de Petit Port (Sidi Lakhdar) qui nécessite un dragage régulier et onéreux en raison du faible et de l’obstruction du tirant-d’eau. Lors de la tenue de la 3ème session de l’APW (octobre 2019) le président d’APC du chef lieu a été interpelé par le wali sur l’état déplorable de la voierie urbaine. Le maire a pris l’engament de colmater tous les nids de poules et de procéder à la mise aux normes des ralentisseurs et de l’éradication des dos d’âne sauvages dans les deux mois qui suivent faute de quoi il déposerait sa démission. Situation inchangée à ce jour. Idem en ce qui concerne ‘’ l’informel ’’  qui défigure et pollue le centre de ville et les abords du marché couvert central. Secundo les démarches entreprises auprès de toutes les instances concernées (administratives et associatives) depuis 2008 quant au défaut de signalisation des sites historiques, elles sont demeurées sans suites et  infructueuses à ce jour nonobstant les promesses faites. Les plaques de signalisation concernent notamment le musée du moudjahid (ex camp de concentration et de la mort de Cassaigne) ou encore des grottes de Nekmaria où périrent enfumées par le sanguinaire général Pélissier le 18 juin 1845 les héroïques tribus des Ouled-Riyah qui devraient être installées à la sortie Est du chef-lieu et tout au long de la  RN 11. Notre riche patrimoine mémoriel dans notre région ne mérite-t-il pas plus d’attention lorsque l’on sait que notre wilaya enregistre d’une plus d’une dizaine de grandes batailles avec plus de 2400 chouhada. En guise de clôture de son intervention, notre collaborateur lancera un appel solennel à unification des rangs de la corporation (03 associations regroupent actuellement deux douzaines de correspondants environ) sollicitant au passage le concours du Wali pour la concrétisation de cette noble mission qui prône l’unité et profitable à toutes les parties

Habib SI AFIF

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