RENTREE SCOLAIRE : POUR UN RETOUR AUX CLASSES SANS RISQUE: Toutes les conditions sanitaires sont-elles réunies ?

Dans quarante- huit  heures, les élèves du cycle primaire retrouveront les chemins de l’école, dans une rentrée scolaire 2020/2021 en deux temps avec les collégiens et lycées qui suivront le 3 novembre prochain.   Les enfants algériens, à l’image de leur camarade dans le monde entier ont connu l’année passée une scolarité chaotique pour cause de Coronavirus et doivent, après une rupture qui dure depuis 8 mois, retrouver leurs pupitres. Il faut dire que cette rentrée est loin de faire l’unanimité car l’opinion est partagée entre ceux qui tiennent à la réouverture des classes, au motif que la rupture pédagogique a trop duré et ceux qui nourrissent des craintes par rapport aux risques sanitaires. Cette inquiétude, somme toute légitime, on en trouve l’expression la plus franche sur les réseaux sociaux avec des commentaires dont les auteurs  se demandent « s’il ne faut pas encore repousser la rentrée scolaire », au vu du rebond que connait actuellement la pandémie du Coronavirus avec des chiffres à la hausse ces derniers jours. Ali Benzina, président de l’organisation des parents d’élèves   qui s’exprimait, lundi dans les média a défendu bec et ongle le report de la rentrée scolaire, considérant que « dans la plupart des établissements scolaires, les conditions sanitaires ne sont pas toutes réunies pour une rentrée sans risque ». Les syndicats pour leur par, s’ils sont pour la reprise des cours, restent tout de même partagés sur les modalités de cette dernière, à l’instar par exemple du porte parole du CNAPESTE qui est pour une rentrée unique, le 3 novembre prochain. « Il faut une rentrée unique pour tous les élèves, on n’est pas à une semaine prés, d’autant plus que les établissements scolaires vont servir de bureaux de vote pour, à l’occasion du référendum sur la révision constitutionnel », justifiait Messaoud Boudiba. Des syndicats comme le FNTE et l’UNPEF  sont vent debout contre ce qu’ils qualifient de « phobie scolaire » et défendent « le droit de l’élève à la scolarité » tout en mettant les autorités devant leurs responsabilités « à mettre en place les conditions matérielles, sanitaires et psychologiques ».  De son côté, le ministre de la Santé, lui aussi partisan de la reprise des cours, en intervenant hier sur les ondes de la radio nationale,  à tenter de rassurer, invitant « les associations des parents d’élèves à ne pas écouter les rumeurs véhicules sur les réseaux sociaux ».  « J’ai visité des zones d’ombres avec le Premier ministre, je puis vous assurer que des mesures sont prises pour garantir la protection des élèves avec un traçage au sol pour accéder à la classe, une distance physique entre les élèves , un fléchage du parcours d’entrée et de sortie pour éviter le croisement », fait savoir le ministre de la Santé. Cela dit, le ministre de la Santé, se faisant l’écho des propos du chef de l’Etat dit que « la vie doit reprendre le dessus en Algérie  comme dans tous les pays du monde confrontées à ce mal universel, ont doit apprendre à vivre avec, nos enfants aussi dans les écoles ». Il est vrai que le risque zéro n’existe pas, malgré toutes les assurances du ministre de l’Education qui est encore intervenu lundi  pour insister  sur la rigueur  du protocole sanitaire, mais la prolongation des « vacances », pour les mêmes raisons sanitaires n’est pas moins porteuses de conséquences psychologiques dangereuses pour l’enfant, à cause d’une longue rupture de la relation pédagogique.

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