SOLLICITEE PAR LES CAPITALES D’EUROPE, D’AFRIQUE ET DU MOYEN-ORIENT: La diplomatie algérienne, un incontournable dans la résolution des conflits de la région

« Depuis la catastrophe de l’intervention en Libye en 2011, nous écoutons davantage nos amis algériens qui militent pour des solutions politiques et inclusives »

Ce sont là les confidences faites par un diplomate américain en poste en Algérie, confirmant de fait, outre l’important statut de l’Algérie dans la région, mais aussi et surtout, un retour de l’Algérie dans la scène internationale après avoir connu une véritable hibernation pour des raisons connues de tous les algériens. Depuis l’élection du président de la République, Abdelmadjid Tebboune au mois de décembre dernier, de nombreux analystes ont objectivement relevé la dynamique de la diplomatie algérienne sur plusieurs fronts menée par le ministre des affaires étrangères, Sabri Boukadoum et son chef du gouvernement, Abdelaziz Djerrad.

Le lourd dossier libyen avec la multitude d’interventions de mains et de services étrangers comme l’autre dossier malien et ses multiples rebondissements, notamment avec l’arrivée de la junte militaire qui a encore compliqué la situation qui a pris une toute autre tournure, ces deux dossiers ont une nouvelle fois prouvé l’importance de la diplomatie algérienne qui se trouve sollicitée par de nombreuses capitales, qui face a au bourbier dans lequel se sont enfoncées ces pays, ont été contraintes de recourir au savoir faire algérien qui au fil du temps, a gardé une certaine crédibilité auprès des différents belligérants.

 L’ALGERIE SE REPLACE SUR LA SCENE INTERNATIONALE

Ainsi et depuis le mois le 33ème sommet de l’Union Africaine jusqu’au sommet d’Alger réunissant les protagonistes du conflit libyen, l’Algérie a repris sa place dans la scène internationale comme confirmé par  l’impressionnant ballet diplomatique vaillamment orchestré par le gouvernement pour tenter reprendre en main le dialogue international.

un ballet qui a vu défiler de hauts responsables d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient qui se sont succédés à Alger, le Président Abdelamdjid Tebboune, le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum ont présenté leur vision du conflit libyen mais pas seulement, puisque les autres dossiers ont aussi permis d’entendre la voix de la diplomatie algérienne.

L’Algérie a fait démentir toutes les voix qui ont tenté par de multiples canaux de la condamner à une chute, en se basant une année de hirak, une crise économique générée par la chute des prix des hydrocarbures et la pandémie du covid-19. Contrairement à cela, l’Algérie a montré qu’elle tient plus que jamais à sa souveraineté et à son rôle d’état pivot notamment dans le Maghreb, la Méditerranée, l’Afrique sub-saharienne et dans le reste du monde.

L’une des dernières déclarations en date qui est loin d’être passée inaperçue, celle de Abdelmadjid Tebboune qui a une nouvelle fois réitéré la position algérienne face au dossier de l’occupation de la Palestine en disant que son pays, n’applaudissait pas la course aux signatures de relations avec l’entité sioniste, a un moment ou beaucoup de pays, regardaient ailleurs, pour ne pas dire qu’ils se soumettaient aux injonctions et aux intimidations américaines et de leurs alliés.

A peine investi à la tête de la magistrature suprême, le président Abdelmadjid Tebboune s’est attaqué à la mise en œuvre des réformes structurelles qu’il avait inscrites dans son programme de campagne : réforme de l’État, de l’économie et, surtout, la révision de la constitution, prélude à l’avènement de la nouvelle république. La machine à réformer est en marche. Il ne se passe pas un jour sans qu’il n’aille à la rencontre des représentants de la société et de l’administration, suivant scrupuleusement l’application des directives présidentielles et ministérielles : gestion de la pandémie, satisfaire les doléances de la population, inciter les forces vives de la nation à renouer avec une économie nationale diversifiée, la seule à même de relancer un nouvel appareil productif de richesses à partager, tourné vers la satisfaction des besoins marché intérieur en réduisant drastiquement l’importation de produits que l’Algérie peut -et doit- produire elle-même. C’est le cas du blé dont la facture pesait lourdement dans le déficit de la balance commerciale. Faut-il rappeler que l’Algérie faisait partie des premiers pays importateurs mondiaux de blé. Rien qu’en 2019, le pays a ainsi dépensé la bagatelle de 2,7 milliards $ pour ses achats. Une anomalie qu’Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à éradiquer avec des résultats prometteurs.

Dès son élection Abdelmadjid a clairement défini les grandes lignes de sa politique étrangère, une politique née dans la guerre de libération nationale, quand une délégation du FLN avait participé à la Conférence de Bandung en 1955. Non-ingérence, respect du droit international, construction d’un nouvel ordre politique et économique mondial, droit des peuples à l’autodétermination, soutien aux peuples colonisés…

La Conférence de Berlin sur la Libye en janvier dernier a donné une tribune mondiale à l’Algérie pour que le nouveau président fasse entendre la voix de son pays. Il y a réaffirmé ce qu’il avait toujours répété, à savoir qu’il revient aux seuls Libyens – tous les Libyens sans exclusive- de prendre leur destin en mains, avec l’aide des pays voisins. Il a martelé que le recours aux armes ne règlera rien. L’évolution de la situation sur le terrain lui a donné raison. Les Libyens, qui voient en Algérie une vraie amie et partenaire pour la paix, ont reçu le message de l’Algérie cinq sur cinq. Ils n’ignorent pas que, contrairement aux faux-amis qui avaient brisé le pays en 2011 sous prétexte de les sauver de pseudo massacres imaginaires, l’Algérie a – et avait – toujours condamné cette agression atlantiste soutenu par certains pays arabes. Le Maroc, qui abrite des pourparlers de pays sur son territoire, faisait partie de ceux qui avaient soutenu la guerre contre eux. Idem pour la France, le Royaume-Uni et l’Otan conduit par les États-Unis. L’Allemagne, qui a pris l’initiative de la conférence de Berlin faisait, elle, partie des rares pays occidentaux qui n’avaient pas soutenu cette guerre d’agression. La suite des évènements a donné raison à la diplomatie algérienne. C’est sans doute l’une des principales raisons qui fait de l’Algérie un interlocuteur fiable, visionnaire dont la médiation et l’assistance sont sollicitées par tous les Libyens.

LE DOSSIER LIBYEN, UNE CONFIANCE RETROUVEE

Signe de cette sollicitude : le Chef du gouvernement de l’Union nationale, Fayez Al-Sarraje, avait appelé en premier le président Tebboune pour l’informer de sa décision de démissionner de son poste afin d’ouvrir la voie à une solution négociée de la crise. C’est une source proche de la Présidence algérienne qui a révélé en première cette information exclusive

Autre signe qui montre la confiance retrouvée entre les deux pays frères. Le chef du gouvernement de Tripoli, qui souhaiterait sans doute se libérer de la pesante alliance avec la Turquie, directement appelé le président Tebboune pour solliciter l’aide de l’Algérie dans la réparation de la principale centrale électrique en Libye en panne. Sans tarder, il a ordonné l’envoie des équipes d’ingénieurs et de techniciens de Sonelgaz à Tripoli pour remettre en marche cette centrale. Entre les Émirats arabes unis et la Turquie, qui n’envoient que des armes et des mercenaires, en violation du droit international pour jeter de l’huile sur le feu du brasier libyen, l’Algérie y envoie ses ingénieurs civils pour ramener l’électricité et soulager les souffrances de la population libyenne, otage des milices. Toute la différence est là.

ALGERIE-USA : PREMIERE VISITE D’UN AUSSI HAUT RESPONSABLE AMERICAIN DEPUIS 2006

 

 

Le retour de l’Algérie sur la scène internationale a été confirmé par la récente visite du secrétaire à la Défense américain, Mark Esper, la première d’u aussi haut responsable américain depuis 2006. Elle intervenait dans le cadre d’un périple maghrébin qui l’a conduit à Tunis et à Rabat. Contrairement à ses deux déplacements en Tunisie et au Maroc où le chef du Pentagone ne s’était pas embarrassé pour exiger de ses hôtes la soumission aux intérêts sécuritaires et commerciaux américains, les mettant même en garde contre « l’influence croissante de la Russie et de la Chine. La rencontre avec Abdelmadjid Tebboune, on sentait un sens élevé de respect notamment en évoquant, le lourd tribut payé par l’Algérie dans sa guerre contre le terrorisme. Il ne pouvait ne pas savoir également que la Russie et la Chine sont des « alliées naturelles de l’Algérie. Il ne pouvait pas enfin ignorer que malgré les divergences idéologiques et politiques entre les deux pays, l’Algérie, grâce à sa diplomatie, a joué un rôle capital dans la libération des 52 otages américains à Téhéran le 19 janvier 1981 et détenus depuis le 4 novembre 1979.

L’invité américain a loué les efforts algériens dans la lutte contre le terrorisme et demandé même l’aide d’Alger dans le règlement des crises libyenne et sahélienne.

A la sortie de son audience par le président Tebboune, Esper a déclaré : «Nous avons évoqué les voies et moyens de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la coopération entre les armées des deux pays (…) D’autres thèmes ont été également abordés comme le respect de la souveraineté des États et les libertés, ainsi que les questions d’intérêt commun».

Zitouni Mustapha

 

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