VIH SIDA: L’Algérie incluse dans la licence médicaments à base de Dolutégravir

L’Algérie a officiellement été ajoutée lundi dans la licence sur les médicaments à base de Dolutégravir (DTG), destinés au traitement du VIH Sida de l’adulte, a annoncé le représentant de l’Onusida à Alger, Adel Zeddam, relevant « l’efficacité » thérapeutique de cette molécule ainsi que son impact « économique » positif pour le pays. L’annonce a été faite lors d’une rencontre tenue au siège de l’Onusida en Algérie, en présence du représentant du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Dr Djamal Fourar, du Coordonnateur Résident du Système des Nations-Unies en Algérie, Eric Overvest, ainsi que du président de l’association AIDS Algérie, Othmane Bourouba. Ont été associés à la rencontre par visioconférence les représentants de l’entreprise pharmaceutique internationale spécialisée dans le développement du traitement du VIH Sida « ViiV Healthcare », de l’organisation internationale de santé publique « Medicines Patent Pool » (MPP), du corps médical et d’associations de malades algériens. L’Algérie rejoint ainsi la liste des 94 pays à « faibles revenus et intermédiaires » inclus dans la licence conclue entre MPP et ViiV Health pour la fabrication de médicaments abordables et de qualité » au profit des personnes vivant avec le VIH Sida (PVVIH), dont le nombre était de l’ordre de 22.000 en Algérie fin 2019, dont 9500 femmes et plus de 800 enfants de moins de 15 ans. Tout en se félicitant de cette nouvelle, le Directeur général de la Prévention et de la Promotion de la Santé au ministère, Dr Djamal Fourar, a expliqué que l’inclusion de l’Algérie dans cette licence permettra de « réduire » la facture des traitements antirétroviraux (ARV) de 20 % ainsi que « l’harmonisation des directives thérapeutiques » pour la majorité de la population atteinte, à base de DTG comme « traitement de première intention ». Il fera savoir, à ce propos, que la disponibilité de la molécule en Algérie se fera dans les mois suivants et « en fonction des délais de son enregistrement » auprès de son département ministériel, avant de « réaffirmer la volonté de l’Algérie de s’atteler davantage à réunir les moyens possibles pour renverser le processus de propagation de l’épidémie du Sida, afin d’y mettre fin d’ici à 2030 ». Cette volonté, a-t-il ajouté, s’est traduite par une « mobilisation totale du Gouvernement et de l’ensemble des intervenants dans un cadre multisectoriel », notant le maintien du recours à un financement conséquent à hauteur de 95 % du budget de l’Etat afin d’assurer « la gratuité » des soins, y compris le dépistage et le traitement ARV pour tous.

Lutte contre le Sida: pour une « vigilance permanente » face aux facteurs à risque

Une riposte qui a permis, selon l’intervenant, à l’Algérie de figurer parmi les pays « à épidémie peu active », avec une prévalence de la maladie à hauteur seulement de -0,1 % de la population globale, laquelle est néanmoins « concentrée chez les couches exposées et vulnérables au risque ». C’est pourquoi, poursuit Dr Fourar, la prévention et la lutte contre le Sida demeurent « une priorité » du Plan d’action du Gouvernement, rappelant les axes politiques et réglementaires mis en œuvre dans ce sens, tout en insistant sur « l’impératif d’assurer la pérennité de ces acquis », à travers notamment le développement du suivi de la résistance aux ARV. De son côté, M. Oversvest a relevé « les résultats encourageants » de la prise en charge de la maladie en Algérie et ce, « grâce à l’engagement politique et financier » de l’Etat ainsi qu’aux « efforts » de tous les acteurs et partenaires, estimant que le « défi » à relever consiste en « l’accès au traitement ARV à tous ainsi que la suppression durable de la charge virale chez les personnes sous traitement ». Il a fait, à cet effet, état de « l’implication » des différentes Agences onusiennes pour « appuyer la riposte nationale », sur le plan technique notamment et ce, dans le cadre de « la coopération stratégique » entre le Gouvernement algérien et les Nations-Unies pour la période 2016-2020. Le Dolutégravir (DTG) est « un inhibiteur utilisé en combinaison avec d’autres ARV pour la prise en charge de l’infection du VIH et présente l’avantage d’être très efficace en neutralisant très vite le virus. Très peu dosé, il présente peu d’effets secondaires. La licence de ViiV autorise la vente de versions génériques à une liste de 112 pays. En 2016, l’ensemble du continent africain s’en est procuré, excepté l’Algérie compte tenu de son niveau de revenu (intermédiaire tranche supérieur) », précise Onusida Algérie. Les représentants des associations des malades atteints du VIH Sida se sont, pour leur part, réjouis de cette annonce, la qualifiant de « très bonne nouvelle ».

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