YOUNES GRAR, EXPERT EN NUMERISATION: « Tous les ingrédients sont réunis pour le développement des start-up »

La numérisation du pays signifie la création, selon le besoin, de nouveaux métiers, de nouvelles industries,  de l’innovation et de nouvelles spécialités, comme l’intelligence artificielle, la robotique, les villes intelligentes  et internet des objets, explique Younes Grar, expert en numérisation.

Cela exige, à l’évidence, la création de nouvelles petites entreprises et des startups qui ont un grand rôle à jouer, pour que cette industrie se développe et réponde aux besoins de la société dans différents domaines, puisque le numérique touche à tous les domaines ; santé, agriculture, éducation, formation, tourisme, énergie, transports, environnement… Tous ces secteurs ont besoin de solutions intelligentes basées sur la robotique et l’intelligence artificielle, le cloud… L’avantage dans le cas de l’Algérie, estime Younes Grar, est que la majorité de la population est jeune avec les compétences qu’il faut pour assimiler ces concepts. D’après l’expert en numérisation, ces startups vont aider le pays à mettre en œuvre cette stratégie de numérisation, dont entreprises assureront de nouveaux emplois, la réduction des dépenses, l’amélioration de la qualité de services, que ce soit pour l’administration ou pour les entreprises, et permettront au pays d’entrer de plain-pied dans la société de la connaissance et l’économie du savoir. Il rappelle le retard qu’accuse l’Algérie dans le domaine du numérique, d’où l’intérêt pressant d’accompagner ces startups pour les aider à mettre en place leurs idées, sous forme de projets et d’entreprises, ce qui permettra à l’Algérie de réduire ce gap et cette fracture qui la sépare des pays développés dans le domaine du numérique. Ces startups, soutient-il, aideront le pays à franchir cette phase de digitalisation et de numérisation à travers les solutions qu’elles vont proposer aux différents secteurs et à terme se libérer de la dépendance au pétrole, dont les fluctuations des prix sont un véritable problème. Ces startups sont favorables au développement dans la mesure où leur croissance est extraordinaire. Elles pourraient être facilement valorisées en 2 à 3 ans 100 ou 1000 fois plus, explique-il. L’expert parle même de bouffée d’oxygène tant ces entreprises deviennent de véritables champions et l’Etat peut les aider à exporter leurs solutions ce qui lui permettra de bénéficier de rentrées de devises et de diversifier l’économie avec des startups innovantes type Facebook, Google… qui sont de véritables multinationales. Il a également mis en exergue le caractère innovant de ces petites entreprises, citant l’exemple de Whatsap, laquelle en 5 ans d’existence a été achetée par Facebook pour un montant de 19 milliards de dollars, alors que Renault, qui avait en 2014 cent ans d’existence, n’a été évaluée qu’à 12 milliards de dollars. Il rappelle aussi que le top 10 des entreprises dans le monde de l’économie est composé de sociétés qui ont investi dans le domaine des technologies et du numérique. Notre interlocuteur parle d’opportunité à saisir, surtout que le monde va vers une numérisation et une digitalisation généralisées avec l’intelligence artificielle, la robotique et l’internet des objets… A ses yeux, tous les ingrédients sont réunis. Il faut juste leur donner une vision, une stratégie et un plan d’action qui puissent permettre à ces startups d’être un socle puissant de développement de la nouvelle économie. Pour lui, c’est l’Etat qui va jouer un rôle important pour aider ces startups à travers des incubateurs, une politique d’accompagnement, des outils de financement, de la formation, un écosystème et un environnement de confiance ainsi que la protection juridique et réglementaire des idées et des projets par des textes et leur suivi. M. Grar soutient qu’en dépit de la place peu reluisante qu’occupe l’Algérie dans ce domaine, il n’en demeure pas moins vrai que le pays dispose de compétences et de moyens nécessaires à mettre en œuvre pour rattraper rapidement le retard enregistré.

Il a salué, au passage, l’intense activité du ministre chargé des startups et sa présence aux côtés des jeunes porteurs de projets, appelant à plus d’écoute et de concertation avec les professionnels pour instaurer plus de confiance et bannir les lourdeurs bureaucratiques, et surtout aller vers la réduction des taxes, soutenir le fonds d’investissement, consolider les mesures déjà prises et respecter les engagements en impliquant tous les acteurs, y compris la diaspora qui détient l’expertise nécessaire dans ce domaine… A cela viennent s’ajouter l’organisation de journées portes ouvertes, d’information, d’études, de salons et de séminaires et enfin des concours pour récompenser les meilleures startups. Bref, il faut mettre en œuvre ce qui a été dit dans le cadre d’une politique de promotion durable, surtout que de belles choses sont en train de se réaliser dans ce domaine, a-t-il souligné.

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